Agamemnon
à ses troupes : "Chers héros danaens, serviteurs
d'Arès…" Iliade, II 110
Dans un texte
très souvent commenté, Hésiode distingue, précédant
l'âge contemporain des hommes, quatre races représentant
des conditions et des formes d'humanités différentes.
Quatrième de ces races, les héros, aussi appelés
demi-dieux, appartiennent pour Hésiode à un âge
révolu, sans continuité génétique avec l'humanité
actuelle. Chez Homère aussi, il importe de distinguer les héros
de la guerre de Troie et les générations contemporaines
du poète. Mais la distinction n'est pas aussi nette que chez
Hésiode. Nulle part, il n'est question d'une rupture génétique
entre l'époque des héros et celle des générations
suivantes qui se renouvellent sans fin comme la végétation
dans la nature. Certains héros homériques descendent directement
d'un dieu; à l'époque classique encore, nombreuses sont
les familles aristocratiques qui revendiquent une ascendance divine
en remontant jusqu'à l'âge héroïque. C'est
dire que les héros homériques ne constituent pas une race
à part ou isolée, qui se caractériserait pas sa
fonction spécifiquement guerrière et qui se serait coupée
des autres générations. Nous avons déjà
relevé que le terme laos ne saurait renvoyer à une armée
de guerriers professionnels. Ajoutons quelques remarques. Pour nommer
la "guerre", la "bataille" ou le "combat",
le poète de l'Iliade et de l'Odyssée emploie
les termes polemos (ou ptolemos) et makhê.
Pour désigner les guerriers, il ne recourt cependant que très
peu aux dérivés de ces deux substantifs : polemistês
(ou ptolemistês) et makhêtês (21 emplois
au total). Plutôt que de "guerriers" ou de "combattants",
il préfère parler d'"hommes" (anêr,
anthrôpos) et de "héros" (hêrôs).
Dans la poésie homérique, le terme "héros"
est employé de manière générale et sans
valeur cultuelle particulière; dans l'Odyssée (I
272), il semble même pouvoir qualifier tous les hommes libres
sans distinction de classe.








