"Eumène,
en effet, rangea à l’aile gauche Eudamos, celui qui était
descendu de l’Inde avec les éléphants, ainsi que
sa garde de cent cinquante cavaliers, et devant eux, comme avant-lignes,
deux escadrons de lanciers d’élite, avec cinquante hommes
en profondeur, toutes ces troupes touchant aux premières pentes.
A leur suite, il rangea le stratège Stasandros, avec ses neuf
cent cinquante cavaliers, avec à côté d’eux
les six cents cavaliers d’Arachosie, commandés à
l’origine par Sibyrtios, mais passés depuis sa fuite sous
le commandement de Céphalon. Venaient ensuite cinq cents hommes
du pays des Paropanisades, ainsi qu’un nombre égal de Thraces,
venus des colonies des régions supérieures. Devant toutes
ces troupes, il rangea en crochet quarante-cinq éléphants
et, dans les intervalles entre les bêtes, ce qu’il fallait
d’archers et de frondeurs." Diodore, Bibliothèque
historique, XIX, 27, 2-5.
La cavalerie est davantage
considérée à la période hellénistique
qu'à la période classique. Toutes les armées en
possèdent des contingents plus ou moins importants. Les régions
traditionnellement riches en chevaux sont les principaux lieux de recrutement.
Ainsi les sources évoquent les cavaliers thessaliens, thraces
ou galates, fréquemment enrôlés comme mercenaires.
En Grèce, les Etoliens disposent d'une excellente cavalerie.
Elle sauve, en effet, l'armée romaine au début de la bataille
de Cynoscéphales en 197 av. J.-C. On distingue plusieurs corps
de cavaliers. La cavalerie légère harcèle l'ennemi
grâce à ces armes de tir ou de jet, généralement
l'arc ou le javelot. La cavalerie lourde est équipée d'une
cuirasse, d'un casque, généralement béotien, et
de bottes. Une lance de grande dimension, le xyston, et une épée
recourbée, la machaira ou kopis, constituent l'armement
offensif. Un bouclier vient compléter la panoplie défensive
au milieu du IIIe siècle av. J.-C..
Les armées hellénistiques
se caractérisent également par des corps de troupes très
particuliers importés pour la plupart d'Asie : les chars
à faux et les éléphants. Les premiers constituent
un héritage perse utilisé par les monarchies orientales
séleucides et pontiques. Ils consistent en un quadrige hérissé
de pointes et destiné à briser les rangs compacts de l'infanterie
grâce à l'impact de la charge. Il faut cependant une grande
distance aux chars pour leur permettre d'atteindre une vitesse suffisante.
Tite-Live décrit très rapidement l'aspect des chars de
guerre séleucide à la bataille de Magnésie du Sipyle.
Les éléphants
sont adoptés par les souverains hellénistiques dès
la victoire d'Alexandre contre Poros, roi indien. On en trouve dans
la plupart des armées. Les Lagides, les Carthaginois et les Numides
emploient des éléphants d'Afrique, branche aujourd'hui
disparue, différente des actuels éléphants des
savanes. Les Séleucides emploient des éléphants
indiens, plus grand que leurs homologues africains. L'accès aux
éléphants indiens est difficile. Antiochos III peut augmenter
son effectif d'éléphants lors de son Anabase en Orient.
Des écuries royales pour éléphants sont installées
à Apamée sur l'Oronte.







