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"Comme Auguste jugeait important de maintenir le peuple romain sans mélange et intact de toute intrusion de sang étranger […], il ne distribua que chichement le droit de cité romaine […]. A Tibère qui demandait la citoyenneté en faveur d’un Grec de ses clients, il écrivit : « Je ne la lui attribuerai que si vous me démontrez de vive voix à quel point votre demande est justifiée » ; de même, il le refusa à Livie qui sollicitait le droit de cité pour un Gaulois qui payait un impôt, mais il offrit l’immunité fiscale en déclarant : « Il m’est plus facile de soustraire quelque chose au fisc que de brader le privilège de la citoyenneté romaine »."
Suétone, Auguste, XL, 5-6

"(Claude) raya de la liste des juges et renvoya à sa condition de pérégrin un personnage de rang équestre qui comptait parmi les notables de la province de Grèce mais qui ignorait la langue latine."
Suétone, Claude, XVI, 4

Aux yeux des autorités romaines, être citoyen romain représentait un privilège auquel tous les pérégrins auraient dû aspirer. On appelait "pérégrins" des individus qui étaient nés libres, qui habitaient l’une des provinces de l’Empire romain, mais qui n’étaient pas citoyens romains.
Ce privilège ne devait pas être bradé, comme l’affirme l’empereur Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-C.) dans le premier passage de Suétone rapporté ci-dessus. L’octroi de la citoyenneté devait se justifier par des mérites personnels et par un degré de romanisation suffisant. La maîtrise du latin constituait un critère fondamental pour juger du degré de romanisation d’un individu, ainsi que le montre l’anecdote de Suétone dans laquelle l’empereur Claude (45–54 apr. J.-C.) retire la citoyenneté romaine à un notable grec incompétent en latin.
Dès la fin de la République, des procédures furent mises en place pour permettre à des pérégrins de devenir citoyens romains. La citoyenneté romaine pouvait être acquise :
- à titre individuel, par ses mérites propres ;
- à titre individuel ou collectif dans le cadre d’une cité de droit latin. Ainsi les notables d’une cité de droit latin, comme Avenches, recevaient la citoyenneté romaine lorsqu’ils avaient accompli une carrière municipale complète ;
- à titre individuel, par le biais d’un engagement dans l’armée romaine
Il est possible de savoir par quelle voie un pérégrin a accédé à la citoyenneté romaine en observant la forme de son nom. Des exemples de pérégrins devenus citoyens romains par l’une ou l’autre de ces procédures sont indiqués dans les fiches 2.1 et 2.2
En 212, sous le règne de Caracalla, fut proclamé un édit qui modifia complètement la politique d’octroi de la citoyenneté romaine en vigueur jusqu’à cette époque. Une clause de cet édit accordait la citoyenneté romaine à tous les pérégrins de l’empire. Les mobiles de cette clause sont débattus : volonté de renforcer la cohésion sociale au sein de l’Empire, désir de simplifier l’administration en unifiant les statuts individuels des habitants de l’Empire ou mesure fiscale?



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