"Sous
le néope Charmylos, fils de Diagoras, au mois d’Herakleios,
durant la prytanie présidée par Menekles, fils de Phormion,
alors que Diodotos, fils de Philonikos, était secrétaire
; il a plu [au Consei]l et au peuple, sur avis des prytanes.
L'homme
qui achètera la prêtrise d'Artémis Pergaia présentera
une prêtresse qui devra être originaire de la cité
et dont les ascendants paternels et maternels devront être originaires
de la cité depuis [troi]s générations.
La
femme qui achètera la prêtrise sera, quant à elle,
prêtresse toute sa vie et accomplira les sacrifices publics et
privés. De chaque victime offerte en sacrifice public, elle prélèvera
une cuisse, les parties qui sont attachées à la cuisse,
le quart des viscères et les peaux. De chaque victime offerte
en sacrifice privé, elle prélèvera une cuisse,
les parties qui sont attachées à la cuisse et le quart
des viscères. Que les trésoriers donnent aux prytanes,
pour le sacrifice en l'honneur d'Artémis, une somme totale de
trente drachmes. Que les femmes des prytanes en charge au mois d’Herakleios
préparent le sacrifice avec l'argent donné par la cité.
Que le sacrifice soit accompli le douze du mois d’Herakleios.
Que la prêtresse reçoive des victimes du sacrifice public
une part égale à celle des femmes des prytanes. Qu'à
chaque nouvelle lune, la prêtresse, après avoir reçu
une drachme de la cité, fasse le sacrifice en faveur de la cité.
Au cours du mois durant lequel a lieu le sacrifice public, mais avant
ce sacrifice et pendant trois jours, que la prêtresse fasse une
collecte, sans toutefois pénétrer dans aucune demeure.
Que le produit de la collecte revienne à la prêtresse.
Que la prêtresse aménage le sanctuaire (de la déesse)
là où elle le jugera bon. Qu’elle installe également
un lieu de dépôt pour les offrandes faites à la
déesse et que les sacrifiants versent dans ce trésor deux
oboles pour une victime adulte, une obole pour un animal de lait. Que
les contrôleurs des comptes ouvrent chaque année le trésor
et donnent à la prêtresse pour le sacrifice en faveur de
la cité,{{pour son habillement}} pour son habillement et pour
[- - -]."
Stèle, Halicarnasse,
IIIe s. av. J.-C.
Ce
décret règle les conditions de l’achat du sacerdoce
d’Artémis Pergaia par un particulier, ainsi que les droits
et les devoirs de la prêtresse d'Artémis. Nous traiterons
ici des devoirs de la prêtresse. L'achat de la charge sera analysé
dans la fiche 1.5.
La
situation privée de la prêtresse (âge, état
civil, etc.) est passée sous silence, alors que cela faisait
souvent partie des conditions d'accès aux prêtrises. Les
textes parallèles nous conduisent à faire de cette prêtresse
une femme d'âge mûr, peut-être une veuve, possédant
de l'expérience, un sens accru des responsabilités et
une certaine autonomie financière.
Les
principales activités d'une prêtresse grecque sont recensées
:
- elle présidait les sacrifices privés et publics, c'est-à-dire
qu'elle accomplissait les rituels d'accompagnement du sacrifice (prières,
libations, etc.) mais sans mettre à mort elle-même l'animal
sacrifié. Une fois par mois, à chaque nouvelle lune, elle
devait organiser un sacrifice en faveur de la cité. Ce sacrifice
était modeste, compte tenu du faible montant d'une drachme qui
lui était alloué pour cela;
- elle présidait le grand sacrifice annuel de la cité
en l'honneur d'Artémis Pergaia. La préparation de la cérémonie
incombait aux épouses des prytanes, les magistrats suprêmes
de la cité, qui recevaient 30 drachmes à cet effet. Lors
de ce sacrifice, la prêtresse recevait des marques publiques d’honneur
égales à celles accordées aux épouses des
prytanes ;
- dans le cadre des sacrifices, elle recevait certains morceaux de choix,
ainsi que la peau des bêtes tuées dans le cadre de sacrifices
publics. Elle pouvait les revendre pour en tirer des bénéfices
substantiels ;
- elle organisait la collecte annuelle, qui durait trois jours, et dont
le produit lui revenait entièrement.
- elle devait faire aménager le temple de la déesse et
le tronc pour les offrandes. La prêtresse avait aussi la responsabilité
du trésor sacré et s'assurait que les fidèles s'acquittent
des prestations fixées pour les sacrifices privés ;
- elle garantissait l'établissement de relations harmonieuses
entre la cité et sa divinité protectrice. Elle était
engagée officiellement par la cité pour remplir cette
fonction et recevait en échange une rétribution lui permettant
d'accomplir les sacrifices officiels et de se vêtir de façon
adéquate.








