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acrotère
élément décoratif, sculpté ou moulé, figurant au sommet ou aux angles d'un fronton.
Ce peut être des motifs floraux ou une victoire comme sur le temple à Olympie, ou alors des têtes d'animaux. On pourrait les comparer à nos gargouilles médiévales qui avaient cependant un registre moins large puisqu'elles représentaient essentiellement des créatures imaginaires.
Amphiaraos

valeureux guerrier argien et devin renommé
Amphiaraos a participé malgré lui à la guerre des Sept contre Thèbes. Il savait, en tant que devin, qu'aucun des Sept, à l'exception d'Adraste, ne survivrait au combat, mais sa femme, Eriphyle, l'avait lié par un serment qui l'obligeait à prendre part à l'expédition. Dans la déroute qui suivit les assauts et alors qu'il fuyait Thèbes, la terre s'entr'ouvrit et l'engloutit tout entier, avec char et équipement. En fendant le sol devant lui, la foudre de Zeus le fit échapper à la mort.
C'est à l'endroit de sa disparition miraculeuse, à Oropos en Attique, qu'un sanctuaire fut établi. On y venait en quête de guérison consulter Amphiaraos, qui apparaissait en songe pendant le sommeil.

Amphictionie ou Amphictyonie
confédération de caractère religieux de cités grecques établies autour (du grec amphi + ktizo) d'un sanctuaire important.
On en parle essentiellement à propos de Délos et de Delphes. L'Amphictionie était chargée de la protection et de l'administration du sanctuaire. A Delphes, chaque cité disposait d'une voix lors des votes. De nombreuses rivalités et guerres entre ses membres ont eu lieu car chacun voulait s'assurer une prédominance à l'intérieur de ce groupement.
Archiloque
poète élégiaque grec originaire de Paros. Il vécut vers le milieu du VIIe s. av. J.-C.
Il prit part à divers combats à Thasos et participa notamment à la fondation de la colonie. Il serait mort en combattant lors d'un affrontement entre Naxos et Paros. Sa poésie, qui ne nous est parvenue que par fragments, était très personnelle : le ton pouvait être plaisant et badin ou extrêmement mordant. Archiloque était réputé à travers toute l'Antiquité pour l'esprit cinglant avec lequel il attaquait ses ennemis et même parfois ses amis. Il fut le plus grand spécialiste du rythme iambique.
archonte

magistrats les plus importants d'une cité.
A Athènes, ils sont 9: l'archonte éponyme (il donne son nom à l'année et est responsable du calendrier et de l'organisation des Grandes Dionysies), l'archonte-roi (chef de la religion d'Etat), le polémarque (préposé aux sacrifices funèbres et aux jeux funéraires) et les 6 thesmothètes (les secrétaires).
Avant la réforme de Clisthène, ils étaient élus, choisis parmi les membres des deux premières classes censitaires.
Après la réforme de Clisthène et les mesures de 487/6, il y eut un secrétaire de plus et les archontes ne furent plus élus mais tirés au sort pour un an. A leur sortie de charge, ils entraient dans le conseil de l'Aéropage.

asylie
privilège accordé par une cité à des étrangers ou à une autre cité les protégeant de représailles ou de prise.
L'individu, normalement considéré comme responsable des dettes de l'un de ses concitoyens dans une cité, était ainsi à l'abri de toute saisie sur ses propres biens.
atélie
immunité fiscale.
L'atélie est un privilège accordant à son bénéficiaire l'exemption partielle ou totale des taxes et impôts prélevés par la cité.
Le bénéficiaire pouvait être un citoyen ou un étranger. Il faut relever que les Grecs ne connaissaient pour ainsi dire pas d'impôts directs, mais des taxes indirectes de toutes sortes (taxes sur l'importation et l'exportation, sur l'achat et la vente de marchandises, ...)
boule
1. corps délibératif commun à la plupart des cités grecques.
2. dans la démocratie athénienne, c'est le Conseil, formé de 500 citoyens tirés au sort parmi les candidats de chaque dème. La boule préparait les sessions de l'Assemblée des citoyens (ekklesia) en rédigeant les propositions de lois et en établissant l'ordre du jour. Son mode de recrutement répondait à divers critères selon les cités, mais toujours sous forme démocratique (tout citoyen de plus de 30 ans pouvait y accéder, mais pour deux périodes au maximum). Les bouleutes se réunissaient généralement au bouleuterion. Par rotation, une partie d'entre eux, nommés prytanes, assuraient la permanence de l'Etat. Certains y étaient même présents de jour comme de nuit.
boustrophédon

type d'écriture archaïque allant alternativement de gauche à droite, puis de droite à gauche, à la façon d'un bœuf qui trace un sillon dans un champ.
Utilisé plus particulièrement dans le domaine religieux, il disparut presque totalement au début du Ve siècle av. J.-C.

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dème
une des 139 unités géographiques et administratives de la cité d'Athènes.
Le dème peut correspondre à un village entier ou à un quartier de la ville d'Athènes. C'est le premier degré de la vie politique: le dème a ses assemblées, ses magistrats et ses fêtes religieuses.
Après la réforme de Clisthène, les citoyens athéniens incluèrent dans leur nom le nom de leur dème: d'où NOM - NOM DU PERE - NOM DU DEME.
démotique

troisième partie du nom complet d'un citoyen athénien.
Depuis 507, après son nom et son patronyme (nom du père au génitif), le citoyen mentionne son démotique (nom du dème). Ainsi: Socrate, fils de Sophroniskos, du dème d'Alopékè. Le démotique indique de quelle municipalité (dème) le citoyen est issu. Suite à la réforme de Clisthène, le citoyen se définissait non plus par ses appartenances familiales, mais par son dème.
A l'origine, le démotique correspondait au "domicile" du citoyen, mais il eut tendance, au cours du Ve s., à perdre cette valeur pour désigner plutôt son "origine", car même quand le citoyen changeait de domicile, il restait inscrit dans son dème d'origine.
Le démotique est reconnaissable à sa forme: il est construit sur le radical du nom du dème auquel on ajoute la terminaison -eus ou -ios, et reste toujours invariable. Du dème d'Alopékè, se dira: Alopekeus.

ekklesia
assemblée générale de tous les citoyens, c'est-à-dire de tous les hommes majeurs, de condition libre et de naissance légitime.
L'Assemblée est compétente pour toutes les décisions concernant la vie politique de la cité. Elle vote les propositions soumises par la boule, en les modifiant au besoin. Conscients qu'elle peut être sujette à des influences diverses voire contradictoires, les Anciens cherchèrent par différents moyens à en tempérer les revirements éventuels.
A Athènes, convoquée par la boule (voir ce terme), l'Assemblée se tenait habituellement 3 à 4 fois par mois et réunissait généralement un minimum de 6000 citoyens. Elle avait lieu en ville, sur la Pnyx. Comme les citoyens paysans de l'Attique convoqués perdaient une journée de travail en se rendant à l'Assemblée, l'absentéisme était manifeste. Afin de lutter contre cette tendance, Athènes instaura un mode de défraiement appelé le misthos, qui consistait en 3 oboles.
éphores
magistrats élus annuellement à Sparte.
Ils étaient au nombre de cinq et possédaient des pouvoirs très étendus. D'un côté, ils pouvaient négocier des traités internationaux et détenaient des pouvoirs judiciaires très étendus auxquels même les rois étaient soumis. De l'autre, ils avaient la haute main sur l'administration. Le président de leur collège était en outre éponyme: il donnait son nom à l'année, comme l'archonte à Athènes et les consuls à Rome.
épistate

président d'un jour des prytanes à la boule ou l'ekklesia athéniennes.
Tiré au sort parmi les prytanes, il avait en sa possession les clés du sanctuaire où étaient déposés le trésor public, les archives et les sceaux de l'Etat. C'est lui qui désigne les 9 proèdres, qui font office de modérateurs et président les réunions de la boule.

Gymnasiarque nom qui a comme suffixe le terme "-arque" qui signifie "pouvoir" (on le retrouve dans monarque). Le gymnasiarque, par conséquent, est le chef d'un gymnase, qui, dans toute cité grecque, est un lieu très important au point que la fonction de gymnasiarque devint à l'époque hellénistique l'une des magistratures principales. Le gymnasiarque avait en effet la haute main sur la formation intellectuelle et physique des jeunes élites de la cité.
isopolitie droit que s'accorde mutuellement deux cités.
Muni de ce droit, un citoyen de la cité A peut venir s'établir dans la cité B et jouir des droits de citoyen.
Lécythe Vase grec à anse, de forme allongée, à col étroit et à embouchure évasée.


(Fr. Lissarague, Vases grecs. Les Athéniens et leurs images, Paris, 1999, p. 227)
ostracisme institution athénienne tirant son nom des tessons (ostraka) qui étaient utilisés lors de la procédure.
Chaque année, les citoyens réunis en assemblée décidaient s'il y avait lieu d'exiler une personnalité dont l'influence était jugée dangereuse pour la démocratie. En cas de réponse positive et si le quorum de 6000 citoyens était atteint, on pouvait procéder au vote en inscrivant sur un tesson le nom de la personne à ostraciser. Elle était alors condamnée à un exil de dix ans, mais ses biens ne lui étaient pas confisqués.
parenté
la parenté entre peuples est un phénomène propre à la civilisation grecque. A partir de la parenté qui lie entre eux deux héros mythologiques (par exemple Magnes et Kephalos, qui sont frères), deux cités fondées par ces héros revendiquent le même lien et se déclarent sœurs. En outre, une cité fondée par une autre reconnaît ce lien privilégié et se déclare fille de la métropole. Ces titres ne sont pas purement honorifiques mais comportent plus ou moins d'avantages concrets.
Période
signifie littéralement circuit, tournée (periodos en grec).
Ce "circuit" comprenait les quatre grands concours de la Grèce continentale: les Olympia d'Olympie, les Pythia de Delphes, les Néméa de Némée et les Isthmia de l'Isthme de Corinthe. Les deux concours les plus importants, les Olympiques et les Pythiques, étaient pentétériques, ce qui signifie qu'ils avaient lieu tous les quatre ans. Les deux autres, les Néméennes et les Isthmiques, étaient triétériques, c'est-à-dire qu'ils avaient lieu tous les deux ans. Il était particulièrement glorieux de remporter les quatre concours de la Période dans une discipline.
prodikia
droit de priorité dans les instances aux tribunaux.
proèdres

9 membres du Conseil désignés chaque jour, à partir de 378-377, pour présider la boule et l'ekklesia.
Tirés au sort parmi les 9 tribus qui n'exercent pas la prytanie, ils sont chargés de présenter à l'ekklesia le projet de loi élaboré par le Conseil, que leur président, l'épistate des proèdres, soumet au vote.

proédrie
place d'honneur réservée dans les premières rangées au théâtre ou aux concours, dont bénéficiaient soit des étrangers de marque soit des concitoyens méritants.
promantie

privilège accordé par les autorités d'un sanctuaire permettant d'interroger la Pythie en priorité.
Ce privilège s'adresse non pas aux citoyens d'une cité venant consulter l'oracle à titre personnel mais aux délégations de ladite cité.

proxène
citoyen d'une cité A qui représentait les intérêts d'une cité B dans la cité A.
On peut l'assimiler à un consul moderne, même s'il faut être prudent dans les comparaisons anachroniques. En plus de la fonction qu'elle représente, la proxénie est un honneur que la cité peut accorder à un étranger bienfaiteur.
Prytanes
dans l'Athènes classique, les 50 représentants (bouleutes) de la tribu qui se trouvait «en service» pendant un dixième de l'année.
Les prytanes assuraient par leur présence la continuité de l'Etat. Ils étaient chargés de convoquer le Conseil et l'assemblée du peuple et déterminaient l'ordre du jour des différentes séances.
Le président des prytanes, nommé pour un jour et une nuit, ainsi que la trittye des prytanes qu'il avait désignée, étaient tenus de demeurer dans la Tholos (voir ce terme). C'étaient eux, par exemple, qui recevaient les ambassadeurs étrangers et qui entretenaient le feu sacré de la cité. Ils prenaient leur repas en commun et accueillaient à leur table les grands bienfaiteurs auxquels la cité avait octroyé le droit de se nourrir là. Ainsi, à Athènes, ce droit était-il accordé aux descendants d'Harmodios et Aristogiton, qui, en tuant le tyran Hippias, avaient contribué à établir la démocratie à la fin du VIe siècle.
Prytanée
édifice civil et religieux, qui abritait l'autel d'Hestia, où brûlait le foyer de la cité, perpétuellement entretenu.
C'est là que résidait une partie des prytanes et qu'étaient accueillis les hôtes de l'Etat. On y recevait notamment les vainqueurs aux concours, les bienfaiteurs de la cité et les ambassadeurs. On peut l'assimiler à l'Hôtel-de-ville actuel.
A Athènes, le prytanée, situé sur l'agora, était de forme circulaire, d'où son nom de tholos.
prytanie
période pendant laquelle une tribu, considérée alors comme tribu prytane, avait la responsabilité des affaires de l'Etat.
Comme chacune des 10 tribus avait droit au même laps de temps, cette période couvrait 1/10ème de l'année (soit 35 ou 36 jours!). L'ordre dans lequel les 10 tribus se succédaient à la prytanie était fixé par la liste officielle des tribus, mais on désignait chaque année par tirage au sort la première tribu prytane.
secrétaire

officiel chargé de seconder les magistrats.
Le secrétaire de l'Assemblée rédigeait et archivait le texte définitif des décrets. C'est à lui encore qu'incombait la tâche de leur publication.

sigles épigraphiques
symboles graphiques utilisés pour transcrire une inscription (outil).
sitesis
privilège d'être nourri sa vie durant aux frais de l'Etat.
Ce privilège est accordé au bienfaiteur d'une cité. Parfois, lorsque le bienfait est exceptionnel, ce privilège est aussi accordé à ses descendants.
stoichédon

façon d'écrire une inscription propre à l'Athènes démocratique.
Les lettres sont alignées horizontalement et verticalement. Elles occupent une surface identique quelle que soit leur grandeur. Ainsi, un iota dispose de la même place qu'un épsilon. Ce type d'écriture, qui comporte des lignes parfaitement régulières, permet, lors d'une lacune, de déterminer exactement le nombre de lettres manquantes.
Les lettres sont disposées comme si elles s'inscrivaient dans un damier. (cliquer sur l'image pour voir le détail)

sympolitie
terme à la signification claire; il signifie la fusion ou l'union entre deux communautés voisines géographiquement, qui accordent à leurs citoyens les mêmes avantages.
Cette union peut résulter de plusieurs facteurs, par exemple l'absorption de la communauté la plus faible par la plus forte ou alors la fusion sur pied d'égalité. Seuls des documents épigraphiques ont laissé des traces d'un tel phénomène. On connaît notamment l'union de Téos et Kyrbissos à l'époque hellénistique (voir Louis Robert, Op. Minor. Sel. VII) ainsi que celle de Milet et de Pidasa.
technites dionysiaques
associations d'artistes (comédiens, tragédiens, danseurs, aulètes, …) et d'artisans qui, comme leur nom l'indique, vénèrent Dionysos.
On les rencontre en Grèce entière. Ils jouissent de privilèges importants: asyle, exemption d'armée, exemption d'impôts, …
Thémistocle

homme d'Etat athénien (514-449).
Lors des Guerres Médiques (490-479), il conduisit à la victoire les Grecs coalisés contre les troupes perses de Xerxès Ier. Rassemblant ses vaisseaux dans la baie de Salamine, il infligea une défaite mémorable à la flotte perse (480).

Tholos
bâtiment rond à la toiture cônique.
A Athènes, il se trouvait en bordure de l'agora, au sud du Bouleuterion et du Metroon. C'est là que les prytanes se réunissaient et prenaient leur repas en commun.
tribu
1. groupement de citoyens se réclamant d'une origine commune.
2. à Athènes, les 4 tribus originelles, les tribus "ioniennes", constituées sur un principe gentilice, furent remplacées à la fin du VIe s. par 10 tribus de caractère territorial, chacune se composant de 3 circonscriptions (trittyes) géographiquement séparées, une de la ville, une de la région côtière et une de l'intérieur.
trittye
tiers d'une tribu, comprenant un nombre variable de dèmes regroupés dans une même région (ville, région côtière ou intérieur).
A la différence des tribus et des dèmes, la trittye ne possédait pas d'organes politiques propres. Elle n'avait ni assemblées, ni magistrats, et ne jouait qu'un rôle administratif mineur, par exemple pour l'organisation des 10 sections du Conseil.